DSCF0825Né à Châteauroux il y a soixante-deux ans, Gérard Laplace mène de front une aventure avec les arts visuels et une autre avec l’écriture.

Les questions de la diffusion, de la propagation des idées, de l’édition l’ont conduit à créer et animer des structures, (Perspectives et propositions plastiques, Galerie associative « Ocre d’art » à Châteauroux, Association « à pierre vue » en Limousin) et à construire des expositions collectives. Acteur dès le début des années 80, de l’intervention artistique en milieu scolaire, il a multiplié les expériences pédagogiques en direction de divers publics (collège, lycée professionnel, arthérapie, milieu carcéral). Il enseigne les arts visuels à l’Ecole Municipale des Beaux-Arts de Châteauroux depuis 1997.

 

 

Ses travaux plastiques, liés aux questions de la trace, du temps, des vanités donnent lieu à des suites de dessins et travaux sur papier, installations et actions. L’artiste s’imagine volontiers en colporteur et passeur ; ainsi les titres de longues séquences peuvent constituer un travail en soi :

Facteur de lavoirs,

Cloud worshipper,

Rêveur d’étymons,

Homo Bulla

Des intitulés (l’auteur se qualifie aussi de titrologue), qui laissent deviner tout à la fois un rêveur fasciné et un objet fascinateur. Le Temps, celui qui passe, et le temps, celui qu’il fait, tiennent une place importante dans ces recherches qui l’ont conduit à oeuvrer par insolation, enfouissement, glanes et recyclages.

 

Son écriture entretient les mêmes motifs et procède de la patiente recherche de matériaux littéraires conjuguée à la quête d’une esthétique et d’une vision. Il reconnaît comme déterminantes les influences de Gracq, Caillois, Quignard ou Michon dans son passage à l’écriture. À sa façon explorateur, arpenteur sur des chemins de traverse, exote à la recherche d’un habitat poétique à nommer, il entretient une rêverie érudite, assemble paysages et lectures, confond territoires vécus et géographie initiatique. Dans ses textes sur le ciel et la nébulosité, le paysage, le territoire rural, comme ceux sur la peinture, ou la cuisine, il n’est jamais très loin, n’était la langue, du petit essai dérouté. Il s’est tourné plus récemment vers le récit et l’espace romanesque qui lui permettent d’intriquer ses thématiques et de faire évoluer un narrateur protagoniste dans des espaces à la lisière.